POURQUOI LES ENTREPRENEURS, MEPRISES ET MEPRISABLES, SE PLAIGNENT SANS AGIR?

Publié le par aidentreprise

24 août 2013, 16:07 

Par Brigitte Vitale

 

 

Qui ne s'est jamais plaint?

 

Je croise tous les jours sur les réseaux sociaux et dans diverses réunions beaucoup de gens qui se plaignent de façon systématique et en font tout un art de vivre.

Quels sont donc les raisons de cette façon d’agir qui nous mène pourtant si rarement à de quelconques résultats?

 

Depuis des mois, depuis le mouvement de protestation des Pigeons, j'ai suivi ces petits patrons en colère.

 

Ils représentent plus de 3 600 000 râleurs et depuis octobre 2012, rien n'a vraiment changé dans le monde de entrepreneuriat., je dirai même que la situation des entreprises s'est largement aggravée.

 

Pourquoi?

 

Qui est ce petit patron qui ne cesse de se lamenter sur son sort sans pour autant faire le moindre effort pour changer sa situation?

 

Pourquoi ne comprend-t-il pas qu'en s'unissant à ses semblables, sous quelque forme que ce soit, il est plus puissant que n'importe quel parti politique?

 

Il faut d'abord comprendre l'origine des "lamentations".

 

Nous nous plaignons car nous ne supportons pas que nos besoins ne soient pas assouvis et la plupart du temps nous tenons les autres  personnes comme responsables de certains de nos besoins et du coup nous nous plaignons à eux pour les plus courageux , mais pour la plupart , nous cherchons de l'empathie chez nos semblables, crachant toutes sortes de venins libérateurs sur les responsables de nos malaises.

 

Mais  qui  aime écouter ou lire les constantes jérémiades des autres?

 

Personnellement cela me lasse de lire que nos maux ont à l'origine une maladie infectieuse portant le nom "hollandisme chronique". Tous les peuples ignorants ont toujours diabolisé leur maux, préférant imoler à l'autel de leur ignorance des innocents que de faire le moindre effort pour analyser les causes.

 

Oh, ne me méprenez pas! Je n'affirme pas que nos gouvernements sont innocents, mais ils sont seulement nos employés, dirigés par le conseil d’administration que nous sommes, comme toute entreprise.

 

Qui n'a pas entendu que les gérants, mêmes abusés par leurs employés, sont toujours considérés comme les directs responsables?

 

En fait si l’on analyse bien l’action que constitue la plainte, on se rend vite compte que nous cherchons à ce que notre interlocuteur ressente le même sentiment que nous, nous ne cherchons pas en lui de véritables solutions.

 

Dans les réseaux nous cherchons à nous rassurer les uns les autres en partageant d'innombrables publications et de commentaires accablant ceux que nous considérons à l'origine de nos maux: l'état, le gouvernement , le système, les riches et les puissants, quoi qu'il en soit TOUJOURS LES AUTRES..............MAIS EN AUCUN CAS NOUS NOUS REMETTONS EN CAUSE.

 

Nous cherchons de l’empathie à notre égard pour nous soulager et nous dire que nous ne sommes pas tout seul et cela passe souvent par des de la violence, de l’agressivité, de la colère, bref de nombreux moyens pour que le message passe mais dans le  SIMPLE BUT D’ÉVACUER NOS ÉMOTIONS.

 

La notion d'ACTION est totalement absente das ces échanges qui  pourtant prennent des heures et des heures de notre temps, mais que chacun s'empresse de justifier, conscient au fond, qu'il fait partie de ces "râleurs" inutiles qu'il critique la plupart du temps et qu'il gaspille une formidable énergie qui ne donnera au bout du compte aucun résultat.

 

Il restera ce petit patron seul et râleur dans son  coin, ayant tout au plus , un sentiment de tranquillité morale conforté par la constatation qu'il "n'est pas le seul dans cette situation" et se servant des réseaux pour se rassurer.

 

En fait les réseaux sociaux sont devenus les nouveaux thérapeutes de groupes pour dépressifs qui s'ignorent.

 

D'où vient cette inertie?

 

Un restaurateur m'a dit aujourd'hui: " Au fond , sans nous l'avouer, nous avons un complexe d'infériorité, envers ces bureaucrates, ces érudits, ceux qui n'ont aucun problème de position sociale ou de revenus".

 

C'est désagréable à écrire pour moi, désagréable à lire pour ceux qui vont s'identifier, mais oui, la réponse est là, sous les yeux:

 

le sentiment d'infériorité , que même l'orgueil d'avoir eu le courage d'entreprendre, la capacité de travailler sans mesure, les sacrifices en tous genres, ne peuvent annihiler.

 

Ce sentiment d'infériorité , nos détracteurs, ceux qui ont intérêt à maitriser les masses, les révoltes, en jouent.

 

Ils se présentent à nous comme nos sauveurs, mais au fond nous avons pu tous constater qu'ils nous méprisent.

 

Les hommes d'état, les hommes de lois, les hommes du monde de l'économie et de la finance, tous issus d'études universitaires, de grandes écoles, possédant la dextérité du langage et la facilité de l'élocution, ayant eu le temps d'acquérir des notions dans tous les domaines nous donnent , qu'on le veuille ou non, un sentiment d'infériorité.

 

Nous nous rendons bien compte, ou nous le croyons fermement , que si nous étions tous capables de faire des études supérieures, nous ne serions pas ici en train de nous plaindre, mais en train de profiter de nos revenus sous  le soleil des tropiques.

 

Qu'ont-il , "eux" de plus que  nous ? Ces décideurs, ces puissants? Ils ont  de la visibilité, ils ont pu expérimenter plusieurs secteurs, ils ont pu se construire un carnet d’adresses, de rencontrer d’éventuels partenaires, se constituer un cercle d’amis proches, vivre des expériences associatives, apprendre des choses que l’on ne peut pas effleurer dans la vie professionnelle, apprendre le travail en groupe, comprendre le monde dans sa globalité, développer sa personnalité, et j'en passe........

 

Il ont acquis , grâce à leur études, une confiance en eux. Ils savent et sont conscients de faire partie d'une élite qui dominera constamment la masse d'ignorants que nous sommes.

 

Vous, sans diplômes, ou au mieux avec des études non abouties ou ratées, qui croyez vous être?

 

Vous n'êtes ni des salariés, ni des grands patrons.

 

Vous êtes des entrepreneurs, dont il n'existe même pas une définition juridique!

 

Vous n'avez aucun droit, pas ceux des salariés du moins, mais vous avez toutes les obligations, celles aux quelles les hommes d'affaires, du haut de leur savoir,  savent se soustraire.

 

Vous êtes pris dans un étau. Détestés par les salariés, méprisés par tous les autres et incapables de vous fier à vos semblables.

 

Il ne vous est pas permis de faillir.

 

On vous reprochera d'avoir eu les yeux plus gros que le ventre, d'être des prétentieux qui pensaient ravir la place aux vrais hommes d'affaires: les gestionnaires, ceux qui ont "fait des études pour"....

 

Vous vous sentez la plupart du temps minables, incapables, seuls, isolés, peu instruits, coupables de non réussir,

 

vous avez du mal à suivre la politique, la finance, l'économie, la législation

 

et vous comprenez, que malgré tous vos efforts, vous resterez à vie ces petites Grenouilles qui voulaient se faire aussi grosses que les Boeufs.

 

Alors que vous reste-t-il?

 

J'ai affirmé plus haut, pour ceux qui ont été attentifs, que ceux que nous accusons de nos maux ont un avantage, non du à leur moyens intellectuels, mais lié à leur études:

 

des réseaux et des informations.

 

Le problème c'est que vous êtes des craintifs sans estime de soi, incapables la plupart du temps de vous lancer en groupe.

 

Pourtant , il est clairement démontré qu'il n'existe aucune réussite dans le monde de entrepreneuriat sans partenariats.

 

Alors qu'est ce qui vous freine?

 

L'absurdité de l'entrepreneur, c'est qu'il est à son tour, dans un niveau social mal défini et peu connu, imbu de lui même. Son sentiment d'infériorité n'est éprouvé qu'envers les catégories qui l'oppriment.

 

Dans son monde si vaste et si sombre, inconnu de tous ceux qui n'en font pas partie, il se permet d'évacuer sa frustration en prenant de haut , d'une façon tout à fait revancharde, ses pairs.

 

Il est le premier à critiquer, enfoncer, mépriser ceux qui faillissent, trébuchent.......jusqu'au jour où vient son tour.

 

Le petit entrepreneur, celui qui n'a jamais failli, mérite son sort.

 

Il n'aura fait preuve d'aucune intelligence, d’aucune prévention mais de beaucoup d'arrogance et d'orgueil mal placé.

 

Il n'est pas réfléchi , il est instinctif.

 

Il pêche d'envie envers ceux qui font preuve d’initiative ( et pour cause, c'est leur domaine! pourquoi "lui", mon pair, et pas "moi" se disent-ils?!)

 

Il préfèrera croire en ceux qui le méprisent, mais qu'il admire au fond et qu'il reconnait comme étant "supérieurs", que de s'allier avec ceux de son "propre niveau".

 

Combien de fois, n'ai-je pas entendu: "mais qui êtes-vous, pour venir nous dire quoi faire", alors que j'incitais à former des réseaux constitués exclusivement de petits patrons!

 

Qui suis-je? Une personne ayant un pied dans le monde des grandes écoles et l'autre dans celui des petits patrons sans envergure, parce que la vie et mes choix l'ont voulu ainsi.

 

Je côtoie ces deux mondes, n’appartenant ni à l'un, ni à l'autre, habituée à être méprisée ou admirée selon mes interlocuteurs. Un avantage pour certains, un ratage complet pour d'autres.

 

J'ai fini par prendre de l'un la confiance en moi et les connaissances de l'autre. Mes pairs, ceux que je respecte, sont seulement ceux qui prennent des initiatives, se donnent les moyens. Je ne les juge ni par leur niveau d'études, ni par leur réussite sociale ou économique.

 

ils sont comme moi, car eux comme moi,  au moins, AGISSENT, sans vivre dans la crainte de faillir, de devenir la risée de ceux qui observent en critiquant sans rien faire, ou d'être lésés par plus malin ....parce que , ce qui est le plus fantastique dans le monde de l'ignorance, c'est la crainte que quelqu'un vienne vous voler des idées qui ne verront jamais le jour, un savoir et de l'argent que l'on ne possède pas.....

 

Je suis partie seule dans mon aventure à plusieurs et le pire qui puisse m'arriver est de retourner à la case départ aussi seule que je suis partie, mais avec la satisfaction d'avoir au moins essayé.

 

Qui peut en dire autant?

 

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Publié dans LES PIGEONS

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