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Derrière la confiance, le refus de ses propres responsabilités.

par Brigitte Vitale 27 Décembre 2020, 11:50 ToutIraBien OSDEI entreprises indépendants entrepreneurs défaillances URSSAF SUICIDE ENTREPRENEURS REDRESSEMENT JUDICIARE LIQUIDATION JUDICIAIRE DYSFONCTIONNEMENT DE LA JUSTICE COVID CommisionWaserman 2021

Au mot "confiance", préférez la "loyauté" :

La loyauté est une des premières conditions de la réussite de l'action collective. Elle est la garante de l'ordre et de la discipline. Elle est un guide de comportement qui fixe des limites, en cas de dilemme notamment.

La confiance : lettre ouverte aux (ex) entrepreneurs

La confiance ne se demande pas, ne s’exige pas, ne se propose pas.

La confiance est un piège lorsqu’elle est prononcée.

« fais-moi confiance ! »

Si vous l’entendez, écoutez toutes ces petites lanternes rouges qui s’allument dans votre cerveau.

N’est-ce pas, sans vous l’avouer, l’effet que cela vous fait ?

Il y a-t-il une raison à cela ?

Oui bien sûr.

La trahison ne peut être vécue que parce qu’un jour la confiance a été demandée et accordée, avec cette terrible idée que cette attitude suicidaire était la seule façon constructive d’établir des relations de qualité et privilégiées avec les autres, au détriment des voix intérieures, ignorées, et du bon sens, abandonné.

Et pourtant en tant qu’humain,  nous connaissons d’instinct la nature humaine et ses limites, son naturel égocentrisme, son instinct de survie et sa propension à "vouloir être heureux à tout prix" qui rend méchant sans que la méchanceté soit l'objectif : il suffit de prendre un miroir sans hypocrisie et oser regarder la part sombre qui se cache en chacun de nous.

Il y a des âmes plus belles, plus fortes que d’autres, des consciences plus élevées : elles sont à l’origine de l’évolution de l’espèce, mais elles ne représentent qu’une petite partie de l’humanité.

Ces personnes sont celles qui ont le plus à donner et le plus à perdre, car elles sont exposées aux autres qui tendent à puiser en elles les ressources qui leur manquent. Leurs lanternes rouges s’allument, mais leurs valeurs du bien et du mal, une culture occidentale du sacrifice personnel,  les portent à vouloir accorder cette confiance comme principe et elles commettent une erreur. Fatale parfois. Elles y perdent leur vie au sens propre comme au figuré.

Alors comment demeurer intègres, constructifs, positifs, permettre à un système d’évoluer ou maintenir son équilibre et regarder fièrement ce miroir, tout en ne tombant pas dans le piège de la « confiance » ?

Je raconte souvent cette leçon reçue de ma grand-mère, qui m’a enseigné la différence entre le climat de confiance et le maintien du contrôle de notre vie, essentiel au bien être : bien vivre avec soi, c’est bien vivre avec les autres. Il ne s’agit pas d’égoïsme, de « moi d’abord et les autres ensuite », mais d’un juste équilibre qui permet de donner sans se perdre, de recevoir sans être en demande.

Le temps, lui ne ment pas et les actes finissent toujours par révéler la seule vérité que tous les mots ne peuvent cacher.

Alors revenons à ma grand-mère.

Je n’ai jamais douté de la confiance qu’elle me portait, mais ma grand-mère était une femme à l’époque de 68 ans et j’en avais 25.

J’étais étudiante en Italie, elle vivait en France.

A chacune de mes visites je lui apportais une liste de courses pour lesquelles elle m’avait anticipé la fois d’avant une somme toujours identique.

Je lui mettais les courses dans un petit sac, et au fond, le ticket de caisse, le reste de l’argent.

Systématiquement, elle prenait le ticket, le froissait, faisait mine de jeter et me donnait le reste de la somme.

Elle me disait : inutile de me donner le ticket, je te fais confiance.

Mais j’ai continué à agir selon ma conscience.

Et puis les prix ont flambé une année.

Pour lui apporter les mêmes courses, j’ai du mettre au bout une somme complémentaire.

Je n’ai rien changé à mes habitudes. Elle a pris le ticket et l’a jeté comme à son habitude.

A la fin de mes vacances, avant que je reparte, elle me donne une enveloppe. Il y avait la somme habituelle, majorée et …la somme complémentaire exacte que j’avais déboursé. J'ai compris qu'elle avait récupéré et consulté ces tickets jetés. Je n'étais pas vexée par ce que j'aurais pu prendre pour un manque de confiance, mais fière d'avoir démontré que je la méritais.

Ce que j’ai appris, c’est que ma grand-mère, une grande maline, faisait oui « confiance », mais n’avait jamais cessé de vérifier. Une leçon que j'ai toujours regretté par la suite de n'avoir pas appliqué à la lettre.

Et plus fort et plus haut on me criait de faire confiance, plus douloureuse a toujours été la chute, et une cicatrice de plus marquait mon dos.

Dans l’association que je préside, la majeure partie des personnes ont appris à leurs dépends que la trahison était l’œuvre des personnes qui nous sont le plus proches.

Au fil de milliers d’histoires kafkaïennes tout au long de cette dernière décennie, j’ai entendu des pères, des enfants, des époux, des amis pour la vie, des frères et des sœurs, être à l’origine de catastrophes humaines. Quand l’orage arrivait, j’ai constaté plus d’abandon que de sacrifices pour venir en aide à ceux qui étaient tombés, par incompétence, imprudence ou malchance, quand la chute n’était pas directement causée par la trahison des êtres chers eux-mêmes !

Au malheur, à la malchance, se greffait douloureusement la trahison de la part de ceux en qui « nous avions confiance ».

Les chemins de vie se divisent en trois à partir de là :

  • Les récidivistes, irrécupérables et pour lesquels la faute de leurs malheurs sera toujours "les autres", les méchants, le gouvernement ou E. Macron et tous les présidents avant lui. Leurs peurs, leurs faiblesses, leurs psychoses et traumas, les porteront à faire subir ce qu'ils ont subi si l'occasion se présente...c'est l’espèce la plus répandue : la masse. Elle juge, se venge, donne des leçons, parle et sévit sur les réseaux sociaux, mais surtout ne se remet jamais en question.
  • Les éternels écorchés vifs, qui prendront comme un sacerdoce la souffrance, convaincus que l'autre joue tendue les portera au paradis. Ils culpabiliseront, porteront le poids de leur échec, iront vers l'extrême opposé, et tout le malheur qu'ils vivent et font vivre est de leur faute. Le suicide les guette.
  • Et puis ceux qui apprennent une leçon importante : quand on confie sa vie ou ses intérêts à un tiers, on s’assure qu’il mérite ce "climat de confiance". On ne lui permet pas de nous reprocher de vérifier le ticket de caisse, car si c’est une personne qui mérite notre confiance, elle fera en sorte que la question ne se pose pas. Ceux-là fixeront un objectif, mais savent que le plus important est moins de l'atteindre que de vivre de façon à pouvoir l'atteindre...chaque jour de leur vie est vécu au présent, les pieds bien plantés dans le sol et la tête dans les étoiles, indifférents à tout ce qui viendra se mettre en travers de ce cheminement vers soi même. Ils changent le monde. Ils se font confiance. Ils ne parlent pas de faire confiance. Loin de là.

Ainsi, si  une personne autour de vous suscite la question de la confiance, c’est qu’il est déjà trop tard. le papier est froissé, il ne sera plus jamais lisse pour écrire dessus une histoire commune.

Dans notre association, je transmets ce que les longues écoutes dans divers tribunaux m'ont appris : oublier dans nos relations personnelles et professionnelles le mot « confiance », il n’a aucun intérêt, aucune valeur légale lorsque nous devons expliquer à un tribunal pourquoi nous avons été trahis et les conséquences pour des tiers de cette trahison que nous avons laissé faire…A cause de notre confiance mal placée, nous avons causé des pertes à des personnes physiques ou morales, avec un effet domino.

Nous avons donc une part de responsabilité dans l'échec. Assumer cette responsabilité, sans pour autant culpabiliser et se laisser stigmatiser,  et au passage apprendre,  est ce qui nous différencie les uns des autres. Une dure leçon, mais d'une valeur inestimable.

Le mot confiance n’existe pas dans les affaires et, dans les tribunaux, la leçon est durement jetée à la figure des entrepreneurs naïfs, désinformés et non préparés. Ils n'auront pour seule réponse : "dura lex, sed lex". Combien de fois j'ai pu observer les visages défaits, des vies doublement brisées..? Je ne les compte plus.

Il existe naturellement un « climat de confiance », mais il  se base non pas sur l’être humain face à nous, dans la flatterie à notre égard, à ses effets de manche, mais dans la parfaite connaissance de ses objectifs et de ses ambitions.

La communication est donc essentielle. Quand elle est interrompue volontairement, réagissez immédiatement.

C’est le silence qui annonce la tempête.

A la communication, suit un contrôle permanent afin de s’assurer que objectifs et ambitions demeurent communes, y compris les moyens pour y arriver. Les personnes changent au cours de leur vie, et leurs objectifs aussi. Ce qui était vrai hier, ne l'est plus demain. Alors comment se figer dans leur passé et penser d'y pouvoir construire votre futur ?

Tout ce qui n’est pas clairement pensé, ne pourra être clairement énoncé, tout ce qui n’est pas clairement énoncé, ne pourra pas être vérifié, tout ce qui ne peut être vérifié est une arme qui peut se retourner contre vous et ce que vous aurez construit.

En d’autres mots, si une personne a quelque chose à vous cacher, si ses objectifs sont de se servir de vous et non pas de mettre en commun des efforts dans la réalisation d’un projet commun, elle sera incapable de poser clairement les bases d’une relation avec vous, les zones d’ombre se multiplieront, les questions sur la confiance se poseront et si vous n’écoutez pas vos lanternes rouges qui s’allument, si vous tombez dans le piège de la culpabilisation, du « tu dois me faire confiance », du "je mérite ta confiance", alors non seulement vous tomberez, mais vous mériterez de tomber.

Verba volant, scripta manent.

Les mots s’envolent, les écrits restent.

Écrivez, n'acceptez que les écrits quand on vous parle d'un autre, quand on vous rapporte quelque chose sur vous. Ne colportez pas ce que vous ne pouvez prouver. N'acceptez pas de colporter, mais crevez tous les abcès. Ne vous réfugiez jamais devant un " je ne veux pas jeter de l'huile sur le feu", car vous admettez déjà que le feu existe et le silence est ravageur. Il rattrape tous les non-dits, augmente les rancœurs, creuse des gouffres...Et vous aurez votre part de responsabilité.

Ne vous faites pas non plus démolir en acceptant de croire ce qui est dit sur vous. Allez au devant de ces comportement qui  détruisent le climat de confiance. Posez les questions ouvertement.

Ainsi le groupe prend le dessus sur l'individu.

Ainsi le groupe peut enfin agir contre un système oppresseur.

Et quand il s'agit de vous, ne laissez personne vous faire croire que vous n’êtes pas quelqu’un de bien « parce que vous ne faites confiance en personne ».

C’est le début de la manipulation. Et vous serez l'artisan de votre propre malheur.

Si vous êtes quelqu’un qui mérite la confiance, ne l’exigez jamais. Mettez le ticket des sommes confiées au fond du sac, pour que discrètement, votre interlocuteur puisse vérifier ou non.

Il ne faut pas attendre qu’on vous demande un ticket. Il sera trop tard.

Et lorsqu'une enveloppe fermée vous est tendue, n'oubliez pas de l'ouvrir, quitte à vexer l'autre. Pourquoi fournir une preuve de sa bonne foi et prétendre que l'enveloppe demeure fermée ?

 

Et si c'est en vous que l'on ne croit plus, demandez-vous ce que vous n'avez pas fait pour en arriver là, sans accuser l'autre de ne pas vous mériter.

Bien sur, je m’adresse surtout à tous ceux qui bientôt vont officiellement travailler avec moi, pas uniquement en tant que présidente d’une association, mais plus globalement, à titre personnel, sur un projet d’économie sociale et solidaire, pour lequel certains distillent du venin en méprisant le fait  de voir trop grand, trop haut, trop fantaisiste, trop ambitieux …cela sous-entend que les conditions et les compétences sont absentes et que ces projets ne sont réservés qu’à des « élites ».

C’est peut être vrai. Mais si qui sont ces personnes qui décident à notre place de quoi nous sommes capables ?

Confiance en soi.

La seule fois où ce mot prend tout son sens.

Les petites âmes jugent par ce qu’elles n’oseraient jamais faire ou imaginer, et à travers leur prisme, tout se rapporte à leurs propres blocages. Elles iront naturellement vers ceux qui "oseront" , tout en leur donnant des leçons, pour récupérer leurs investissements, leurs efforts.  Pour les petites âmes, il est impensable que des personnes, à parité de conditions de départ, voire même de conditions inférieures, puissent réaliser des projets ambitieux, ou tout simplement atteindre un équilibre précédemment perdu.

Parfois ces petites âmes agissent très naturellement, sans conscience de vouloir nuire, mais juste convaincues que tout ce qu’elles sont incapables de réaliser, d’autres ne peuvent le faire…

Elles sont dangereuses car elles sont convaincantes. Elles finissent souvent par faire douter de nous, et parviennent à contaminer notre entourage.

Mais l’histoire de l’humanité ne trompe pas, et a montré à maintes reprises qu’il n’y a que les limites que nous nous imposons, uniquement le frein de ceux qui ont décidé pour nous que nous ne sommes pas à la hauteur de nos ambitions, et que nous nous imposons. Et généralement, ces personnes agissent ainsi dans le but d’atteindre leurs propres objectifs en écrasant tout sur leur passage…C'est humain. C'est la masse. C'est l'individu. Celui qui parasite le système, sans le construire.

On peut imaginer, seuls, de magnifiques et immenses projets révolutionnaires, mais il est impossible de les réaliser seuls.

Ainsi, la qualité de nos relations aux autres est essentielle dans la réalisation de projets qui remplissent nos âmes avant nos poches, rétablissent des équilibres, …qu’ils soient personnels ou professionnels, cela ne change rien.
Les bonnes bases se fixent dès le début, ensuite quand nous avons nourri le serpent dans son sein, il est trop tard.

Le couple, la famille, l'entreprise se construisent de la même façon. Il y a des règles dès qu'il y a une communauté. L'alternative est la liberté de la solitude et ses conséquences.

Mais il a appartient à chacun de nous d'en décider. C'est notre libre arbitre. Quitter un groupe en fait partie. Le perturber non.

En 2021, mon projet personnel, un pari audacieux,  sera confié , pour sa réalisation, son industrialisation, à une multitude de personnes, celles en qui plus personne ne croit, dans un "climat de confiance", mais avec des règles qui déjà posent des problèmes aux entrepreneurs que l'individualisme caractérise.

Ces personnes étaient nombreuses au départ, croyant à la facilité. C'est ainsi dans chaque projet.

Puis arrivent les contraintes des groupes, nécessaires à tout mise en marche d'un système, d'une organisation.

Avec elles, le choc des égos, les envie de pouvoir et de gains faciles, l’intérêt personnel avant l’intérêt commun, le découragement, les efforts toujours plus nombreux, les heures d'investissement sans certitude d'un retour.

Mais en fin se profile un "groupe" qui a une vie propre et qui je le souhaite, saura croitre et construire une économie propre, circulaire.

Il a pour mission de se faire connaitre et continuer sa croissance, en invitant et formant toutes ceux qui veulent croire à l' im _ possible, prêts à se surpasser, dépasser les adversités, les obstacles et continuer de croire...en soi, à la valeur d'un groupe aux bases saines, solides, vérifiables.

C'est à ce prix que l'individu pourra survivre dans de dignes conditions dans le futur proche.

Des entrepreneurs ayant connu l'échec, puissent se remettre en question et travailler ensemble, sans s'écraser les uns et les autres, mais en respectant des règles de vie en commun : un pari dit impossible.

Et pourtant, j'ai une liste de noms à remercier...leurs noms deviendront bientôt familiers.

Et je veux les remercier pour avoir cru en moi certainement, mais surtout en eux-mêmes.

Aucun projet ambitieux est facile, rien d’important ne s’acquiert sans un dur labeur et toute partie visible d’un iceberg est le résultat d’un long travail invisible.

Il m’aura fallut 12 années en 2021 pour commencer les travaux visibles de cet iceberg, parmi de nombreux échos expliquant à qui veut l’entendre que les deux tiers immergés ne valent pas grand-chose.

Peut-être.

Mais qui peut vraiment le savoir sans tenter une aventure ?

Et si nous ne découvrirons pas l’Amérique ensemble, cela signifie qu’il faille renoncer au voyage  et à l’aventure ?

J’ai pris la décision difficile de me séparer d’un grand nombre de personnes qui ne me donnaient pas le ticket de caisse tout en m’assurant que je pouvais leur faire confiance.

Je ne regrette pas ces décisions même si une grande déception suivait un espoir déçu.

Nous sommes humains et faillibles. Nous faisons tous des erreurs.

Il ne reste que cette petite voix intérieure qu’il faut suivre coute que coute, même quand tout autour de nous raconte une autre histoire.

Il faut se faire confiance.

Et imposer aux autres de marcher doucement quand ils marchent sur vos rêves…

Ces avec ces mots que je veux clôturer cette année 2020. 2021 est annoncée comme difficile, et les hommes de bonne volonté vont devoir se relever les manches, et ne pas se laisser décourager par une masse majoritaire désabusée qui a cessé de croire en elle-même, attendant que d’autres fassent ce qu’elle se croit incapable de faire.

Ceux qui travailleront avec moi devront adopter ce principe de base : on communique par écrit, on ne dit rien sur une autre personne de son groupe qu’on ne peut lui dire en face, on ouvre un dialogue entre les personnes concernées dès qu’un doute surgit.

L’adage «  l’union fait la force » est fondé, mais adopter le réflexe du groupe pour survivre signifie en adopter les règles ou partir et fonder ailleurs son propre groupe avec ses propres règles …

Privilégier le groupe face à l'individualisme.

Et #ToutIraBien.

Aux E(x)ntrepreneurs,

Rendez-vous en 2021,

Ensemble...

 

Brigitte Vitale

brigittevitale@aidentreprise.fr

www.osdei.fr

www.nedeposezpaslebilan.fr

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