Covid19 : ni un ancien monde, ni un nouveau monde...

Publié le par Franck Pallet, Avocat

(Me Franck Pallet )La crise pandémique du #covid19 ne fera pas disparaître le monde ancien ni ne fera place à un monde nouveau. Cependant, une nouvelle prise de conscience a émerge face au manque d'efficacité de l'action publique. L’État devra repenser son mode de fonctionnement ...

L’État devra repenser son mode de fonctionnement et devenir plus stratège pour affronter les nombreux défis du XXI ème siècle auxquels il devra apporter les réponses nécessaires et adaptées.

La crise sanitaire qui a imposé un confinement particulièrement drastique à plus de 3 milliards d'êtres humains, a fait apparaitre au grand jour, hormis quelques rares exceptions comme l'Allemagne, la Corée du Sud ou encore le Japon, toutes les carences d'un état trop centralisé au sein duquel le processus de décision s'enclenche de manière verticale sans aucune concertation avec les acteurs locaux ni les institutions administratives décentralisées. Seules les autorités décentrées (principalement les préfets et les maires) ont été les principaux relais de l'état central.

 

Covid19 : ni un ancien monde, ni un nouveau monde... © Jedi Media
Covid19 : ni un ancien monde, ni un nouveau monde... © Jedi Media

A cet égard, il est frappant de constater que les pays d'Europe qui ont le plus souffert de la pandémie sont majoritairement des pays dotés de structures administratives comparables au notre, combinant à la fois la centralisation du pouvoir étatique et la décentralisation avec plus ou moins de différences (Italie, Espagne).
Les pays du Nord, pour leur part, ont été juges plus efficaces, en raison de leurs structures administratives plus décentralisées donnant davantage de pouvoirs aux régions ou aux États fédérés. Le processus de décision y est davantage délégué et responsabilise les exécutifs locaux plus proches des administrés.
Ces constatations sont d'ailleurs confortées par les chiffres officiels résultant du nombre de victimes plus ou moins importants selon les pays et des mesures prises par les gouvernements avec une plus ou moins grande efficacité.

Il est évident cependant que les États n'ont pas de manière générale anticipé cette crise sanitaire. En avaient-ils d'ailleurs les moyens ?

Une chose est certaine cependant, c'est que l'état doit inscrire dans l'agenda des politiques publiques la santé en tête de liste de ses priorités, en plus de la transition énergétique et de la numérisation de l'économie.
Il devra redéfinir tout le système de santé qui a montré toutes ses défaillances aussi bien dans la chaine de commandement que dans la manière dont la politique sanitaire a été jusqu'alors conduite.

Si la France doit appliquer les traités européens à l'instar des autres pays membres de l'union européenne, notamment en respectant les contraintes budgétaires imposées par le pacte de stabilité et de croissance, pour autant la maîtrise des dépenses et de la dette publique ne doit plus constituer la variable d'ajustement essentielle conditionnant la conduite des politiques publiques.

Ce n'est pas le volume des dépenses publiques qui pose problème sur un plan purement macro-économique, en ce que celles ci sont censées avoir un impact sur la croissance économique par ses effets multiplicateurs . Ce qui importe en revanche c'est d'en restructurer la répartition en faveur des dépenses d'investissement.

Les difficultés de notre pays résident précisément dans le fait que les dépenses de fonctionnement l'emportent encore très largement sur les dépenses d'investissement, ce qui n'a aucun effet sur le dynamisme de la croissance. Sur les 3% de déficit public global, la partie structurelle représente 2,2%, ce qui est considérable et réduit d'autant les marges de manœuvre de l'état.

Au delà même des considérations budgétaires et financières aujourd'hui quelque peu mises entre parenthèse du fait de la nécessité de relancer massivement nos économies, l'état devra définir les grandes orientations de demain, élaborer pour ce faire les stratégies idoines, en mesurer les résultats, puis les corriger au besoin en fonction de nouvelles trajectoires qui seraient établies selon les circonstances ou les évolutions imprévisibles.

Les critères comptables ne doivent donc pas être les seuls à prendre en compte pour apprécier les performances des politiques publiques, dans la mesure où les services publics ne doivent pas être nécessairement rentables. Ils doivent cependant satisfaire les besoins de la collectivité et être majoritairement délégués au niveau local.

Le manque d'efficacité actuel de l'action publique tient surtout à des structures administratives trop complexes, bureaucratiques, sclérosées par la multiplication des échelons hiérarchiques.
Le sociologue Michel Crozier a révélé tous les effets pervers d'un tel système dans son ouvrage "la crise de l'intelligence" paru à la fin des années 90. Ou encore comment propose- t- on des solutions à des problématiques mal posées ?
Cela a d'ailleurs été largement observe dans la pénurie des masques et des moyens de tester les populations. Pour se limiter au continent européen, l'Allemagne fédérale s'est révélée sur ce point beaucoup plus réactive et efficace par le fait que ses institutions sont fédérales, et, que les échelons hiérarchiques sont plus réduits que dans notre pays.

Le diagnostic étant posé, comment l'état peut-il remédier à ces dysfonctionnements ?

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Publié dans COVID19, ENTREPRISE

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