Confessions d'une femme violée. Quand être réduit au silence tue.

Publié le par aidentreprise

"Le plus grand mal, à part l'injustice, serait que l'auteur de l'injustice ne paie pas la peine de sa faute". Platon

La majorité humaine dispose d'un état d'esprit fraternel, généreux, et amical. Elle est ouverte sur le monde et respectueuse d'autrui. Seule une petite minorité d'entre nous, peut agir froidement en bourreau. Une minorité seulement, parvient à mépriser suffisamment autrui pour en faire un objet à son service:

Cette minorité est au pouvoir dans notre pays et dans bien d'autres.

La justice s'arrête pour le peuple là ou elle menacerait la perte de pouvoir de cette minorité.

"CONFESSIONS D’UNE FEMME VIOLEE
 
Je connais mon violeur mais j’ai peur de le dénoncer. J’ai honte aussi.
Au fond de moi je crois que je l’ai provoqué et je ne peux m’empêcher de penser que j’ai mérité ce qui m’est arrivé.
Je ne l’ai pas vu venir.
Il était rassurant, charmant, bonimenteur , lui, comme tous ses amis. J'étais fière d'appartenir à son cercle.
Il était sensé me protéger, c’est d’ailleurs ainsi que je l’ai connu. Ce sont mes parents qui me l’ont présenté , en me recommandant bien d’être respectueuse envers lui car ce respect m’aurait été rendu en retour. Ce sont eux qui m’ont dit que je pouvais lui faire confiance et que j’étais en sécurité sous son aile. Ils m’ont donc confiée à mon tuteur.
Je n’ai jamais douté de lui un seul instant avant ce jour d’avril où toute ma vie a basculé en une fraction de seconde.
J’ai alors compris que c’était trop tard, je ne pouvais plus lui échapper.
J’ai essayé .
J’ai hurlé, pleuré, appelé à l’aide, je me suis débattue, en vain.
Alors qu'il me torturait , j'ai découvert plus qu'un violeur  : c'était un monstre, inhumain, imbu de son propre pouvoir, sans aucune pitié. Il ne voulait pas seulement profiter de mon corps, il voulait avant tout me soumettre, m'entendre le supplier d'arrêter ; il jouissait de son pouvoir de vie et de mort sur moi.
Il m’a battue à mort, dénigrée, prononcé des phrases odieuses .
Il a meurtrit mon corps , mais encore plus mon âme.
Il a volé mon innocence, ma confiance en l’espèce humaine, ma joie de vivre, mes rires spontanés qui enchantaient mes proches.
Il a volé ma dignité.
Je me sentais sale, coupable, indigne de vivre. J’ai eu envie de mourir, d’ailleurs j’ai essayé. C’était mon ultime appel à l’aide.
On m’a traitée de lâche. Je me sentais lâche oui, mais de ne pas avoir réussi à aller jusqu’au bout. On m’a répété une fois de plus qu’il fallait que « j’assume ».
Assumer quoi ? Le viol ? L’injustice ? Accepter que jamais mon violeur ne sera jamais inquiété ?
J’ai tenté d’en parler.
Il m’avait avertie que ce serait « pot de fer contre pot de terre ». Ces mots résonnent encore dans ma tête.
Il m’avait prévenue que personne ne me croirait et quand bien même, il était assez puissant pour me réduire au silence. Il m’avait promis que si je tentais quoi que ce soit , il me prendrait tout du peu qu’il me restait.
Je l’ai défié, croyant avoir tout perdu de toutes façons.
Et ce qu’il m’avait fait était si horrible , si évident , si injuste que je croyais sincèrement qu’on m’aurait crue, soutenue, aidée, défendue.
Je me suis trompée.
Il m’a tout pris : ma famille, mes amis, mon travail, mon argent, ma santé, outre que ma dignité.
Il y a bien eu des gens compatissants autour de moi , mais je voyais bien qu’ils avaient du mal à me croire, ou bien était-ce la peur de finir comme moi.
Lui, il était puissant, riche et avec des relations haut placées dans tous les domaines, même parmi les forces de l’ordre. Moi je n'étais plus rien. Privé d'affectif, de biens matériels, de vie sociale et professionnelle, je n'avais plus droit de faire partie de la société d'où il m'avait chassée. Je me demande encore pourquoi il ne m'a pas simplement achevée en finissant son œuvre destructrice et en mettant fin proprement à ma vie. J'ai compris plus tard , qu'en réalité, il m'avait bel et bien tuée, mais que son plaisir était de me voir mourir lentement , inexorablement.
Ceux qui m’ont accordé le bénéfice du doute n’ont pas hésité à me dire que je n’aurais pas du fréquenter certains milieux si je ne voulais pas en subir les conséquences.
On m’a violée , martyrisée, mais clairement, la coupable c’était moi.
Alors je me suis tue.
Je n’en ai plus jamais reparlé car je n’arrivais pas à supporter l’image de femme sale que les autres me renvoyaient sans cesse.
Ainsi, la pourriture qu’il avait laissé en moi, ne pouvant être évacuée , a fini par me ronger de l’intérieur.
Je suis tombée gravement malade et mon mal est incurable.
Je sais maintenant , que même si il était enfin puni, je n’irai pas mieux . Les dégâts sont irréversibles.
C'était plus qu'un viol. C'était un homicide.
Alors je veux le dénoncer , même si ma lettre ne fera echo qu'à moi-même, je veux dire qui il est .
 
Il s’appelle L’Etat.
 
 
Mon nom à moi , c'est L’Entrepreneur en Faillite."



 
 
 
Confessions d'une femme violée. Quand être réduit au silence tue.

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